J'aime titiller le sens de la vie, la Vie ne nous chatouille-t-elle pas chaque seconde ? De malheur en bonheur elle nous pulse et nous piège, elle joue avec le vivant.
Lerreur met lindividu en profil bas : la vulnérabilité mise à nu, lidéaliste la veut moralement impardonnable quand le pervers la banalise. Chacun se dérobe à la valeur évolutive de lerreur : lamour de la vérité donne chance dévoluer sauf à se croire déjà parfait. Ouvrons le regard quand nous baissons les yeux : notre croyance blessée désigne ainsi le coupable. Elle naccuse pas mais force laccusateur à se révéler. Entre ombre et lumière que va-t-il choisir ? Lerreur est innée, sa faculté prévisionnelle imparfaite, lhomme la refuse en se justifiant. Il se veut, se croit, se prouve parfait. À tant vouloir se justifier faut-il se sentir coupable. Lerreur calculée -le mensonge- se pose en moyen idéal darriver à ses fins. Tout le monde ment à tout le monde. Chacun peut changer cela selon le calcul objectif de la Loi de justesse, lamour de la vérité. Encore faut-il arrêter de faire allégeance au monde et se soumettre à lEsprit, pas lEsprit-Dieu-Père-barbu de «nature humaine» au même potentiel accusateur et sentimental que fratrie ou voisin. La complexité des liens affectifs sautoprovoquant empêche de nous relier au Sens. La bonne façon de sadresser au Sens est de lappeler Père, mot respectueux dun homme dressé à côté de son géniteur ni serviteur ni maître mais complice et uni à Lui.
Lanimal choisit sa proie sur des critères de faiblesse, plus sûr de sa domination ; il choisit son partenaire daccouplement sur des critères de qualité (beauté, force, vigueur). Le sens et la loi du plus fort sont respectés. Dans lordre des satisfactions lanimal sélectionne ses choix en conformité avec linstinct despèce et non librement. En ce sens il ne se trompe pas. Basé sur ce mode valorisant, cette vision naturellement qualitative sest affectée chez lhomme dun imaginaire déboussolant. Lerreur est apparue par limaginaire et ses satisfactions arrangeantes. Ce nest pas un faux pas évolutif : porteuse de sens elle est le moyen de sautocorriger comme le fait la Vie-même. Mais lhomme conçoit le mensonge dans le choix délibéré de lerreur et lespoir prétentieux de le convertir en vérité, le déplaisir en plaisir suprême, la faiblesse coupable en force justificatrice, disculpatrice, en innocence. Désorienté, lEsprit oublié, le monde adulé, il fait illusion de force, il refuse lerreur donc choisit le mensonge (la justification) et le châtiment du coupable remords, dune haine destructrice.
La subjectivité est laffectivité torpillée de doutes refoulés. Inavouable, lerreur affecte le regard sur soi, sur lautre. Lobjectivité est laffectivité ajustée et apaisée. Entre laffectivité affectée (lémotivité faussée) et sa juste valeur lhomme se cherche. Il dit souvent lart subjectif et la science objective, or quen est-il ? et de la loi ? Peut-il imaginer un art, une science, une morale insensés ? Les sciences de la nature tentent lobjectivité mais les sciences humaines et lart ne se libèrent pas de limpasse subjective. Le mensonge les anime. Rien nendigue lexpansion du non-sens dans lart comme dans les lois. Faudra-t-il que lhomme fasse abstraction de lui-même pour enfin «calculer psychologiquement juste» dans les sciences qui le concernent et reconnaître sa bêtise à fuir sa vérité ? Pour lheure il vit lenfer dune girouette en éternelle ambivalence des motivations. Contrairement à ses croyances la haine nest pas le contraire de lamour ni le mensonge le contraire de la vérité ni la trahison le contraire de la fidélité et ainsi de la méfiance et de la confiance. La haine existe car nexiste pas lAmour, le semblant damour engendre la haine qui nexiste pas dans la seule absence dAmour. Si lAmour est faux cest que sa Vérité nest pas aimée. Sans le semblant de vérité, dans la seule absence de Vérité, le mensonge nexiste pas. Ces valeurs sans existence réelles restent dans le Mystère, inatteignables. Sans Amour ni Vérité aucune valeur nexiste sauf en lidéal Mystérieux dun Sens sûrement programmé : ce Dieu quil mimporte de comprendre et de servir. Par linstinct de signification lhomme se mit dans le pétrin. Si les instincts de conservation et de propagation sont deux instincts sacrés, avec lhominisation apparut celui de signification : par lautre-que-soi il sinterrogea sur lamour et la vérité (ce qui lui serait beau, bon et bien). Confronté à autrui il valorisa les motivations. Sans interrogation lanimal a une prévision sensée en ses satisfactions de copulation, délevage, de sécurité. Il excelle en toute innocence, ses pulsions ajustées ne divisant pas légoïsme salutaire. Lhominisation résulte du désir de signification : sa prévision devient spiritualisation, travail du sens. Pour lheure ses calculs psychologiques sont faux ne dépassant pas la subjectivité. Les sciences utilitaires sont plus objectives. Jean Pierre
bonjour! j' ai lu et relu ton texte! verite vraie! On devient philosophe avec le temps ou on l' est depuis longtemps. Ca me fait penser aux dissertations lorsque j' etais etudiante! tres bel ecriture, je l' avoue!
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