être sa volonté à Elle
23/11/2009
Deux peurs mènent le monde, celle de mourir (de ne pas vivre) et celle de ne pas aimer ni être aimé. La première peut être réduite mais non totalement résolue par l’accomplissement de la Vie. La seconde peut se résoudre dans le renoncement, mettant l’aimé avant soi et plus tard la Vie avant soi. Mais l’apprentissage de ces apprivoisements est de toute la Vie. Et être sa volonté à Elle n’est pas de tout repos.
Tags : to be or not to be peur et amour
Catégorie : réflexions
La nourriture du monde fait désirer le divin
23/11/2009
Mais alors, si la nourriture du monde est polluée... ?
Je peux être puni par la morale -la loi du monde- mais ne peux être honteux ni coupable si ma conduite n’a pour loi-guide que la Vie. Une Conscience qui suit Son Désir est prête à l’erreur essentielle, pour avec justesse corriger le désir, et apprendre sa leçon d’amour véridique. L’âme a besoin de cet héroïsme-là quand par veulerie morale, peur de l’opinion, nous la verrouillons conventionnellement, jusqu'à l'asphyxie. À choisir la Vie pour maitre nous choisissons la souffrance sensée, donc une compréhension et une sublimation plus justes de nos résolutions jusqu’à abolition des désirs multiples. Les champs différents d’élévation spirituelle sont autant d’étapes d’assimilation du sens Mystérieux par autant de désenchainements, complice du seul désir essentiel, l’abandon au divin.
L’amour véridique a ce prix, toutes résistances vaincues. Alors s’il n’est plus de faiblesse dans le lien, il ne peut plus se rompre. Cet abandon des vanités du monde n’en continue pas moins de cultiver la vanité essentielle, cette prétention à se "démesurer" en sublimation de l’égoïsme au-delà du commun entendement. Transcendance, transformation, évolution, voilà la pente naturellement divine à laquelle le monde fait obstruction par manipulation et condamnation. Le monde a ses règles arrangeantes d’élévation forçant l’individu et le troupeau, sous sa houlette. Cette souffrance de l’obstacle est la dualité indispensable au désir d’unité. Il n’est ni bonnes ni mauvaises herbes, ni lumière ni ombre, ni positif ni négatif tout est relatif. L’égo doit détruire toutes ses connaissances issues de l’éducation et de lectures. S’il redécouvre par lui-même certaines de ses connaissances, elles seront siennes et vivantes. La nourriture du monde fait désirer le divin.
Tags : transformation divin souffrance sublimation vanite liberation
Catégorie : réflexions
être sa pensée
16/11/2009

Face à la toile comme face à la vie Je suis l’expression de ma vie. Le sculpteur s’exprime dans un rondin de bois brut. Je me sens ce rondin. L’imaginaire voyage vers le centre de la matière. Là est l’œuvre. Il dégrossit à la hache les premiers quartiers, affine la silhouette, ses dimensions, cisèle vers le centre, précise le détail. L’artiste et l’œuvre se confondent, l’art et le vécu. Le peintre a même démarche : la toile vierge, les tracés grossiers, la recherche de pleins, de vides, les premières couleurs, les tons, les fondus, le mouvement vers la vie, le contraste, le détail, la lumière. Et la toile livre un message qui se confond avec le peintre et son vécu. L’œuvre suggère l’émotion en mélange harmonieux d’odeurs, de bruits, de couleurs. Nous ne devons pas juger l’artiste sur sa technique, sur l’œuvre présentée mais sur l’adéquation entre son œuvre générale et son vécu. Quelle idée se fait-il de la beauté, de la détresse, de la force, de la lumière, des ténèbres ? Fait-il effort de se libérer de ce qui l’encombre pour émerveiller ?
Atteindre l’essentiel c’est être ce rondin et ce sculpteur qui «en moi» opère. jp
Tags : peinture huile safari
Catégorie : réflexions
Vers le juste milieu
11/11/2009
Roi de notre vie mais soumis à l’incompréhensible servilité nous vivons une grossière anomalie. Des philosophies, des cultes indiquent la voie invisible mais leurs langages nous en détournent. Zombie accaparé par le fatras et le blabla conventionnel, l’individu a besoin du concret, l’homme «transcendant» n’en a que faire. Le premier ne cherche que satisfaction matérielle qu’importe le chemin, le second se satisfait du seul chemin. Le juste milieu semble la Voie. L’acte de foi et la persévérance apportent plus de densité à l’existence que n’importe quelle matérialisation. Entre désir et assouvissement, excitation et réaction, la vie en son opposition est intensité. Avec le temps l’essentiel n’apparait plus dans la domination mais dans l’harmonie : non-violence, non-combat deviennent le fin du fin en arts martiaux, la santé dans l’art médical, le silence dans l’art de la parole. L’homme prend pour stade ultime d’une expérience ce qui n’est qu’un tremplin.
La maitrise n’est pas dans ce que l’on voit mais en une spiritualité lumineuse et dense. Une présence à soi-même en ses passions et réactions sert de parcours obligé. Le corps habille de matière l’Esprit qui lui donne vie. L’homme se libère en se «dénudant» de limitations sensorielles, de croyances enchaînantes. Se libérer assainit, ramène à la source. Le corps n’est pas entrave à la vérité mais prison nécessaire à la libération par l’épreuve disciplinée. Le désir libère ou entrave, allège ou alourdit selon qu’on ne s’arrête qu’à sa finalité ou que sans en négliger la jouissance on s’en libère comme l’animal. Comment atteindre ce juste milieu si notre ordinaire n’est qu’agitation et sommeil sans méditation ?
 JP
Tags : philosophie desir reflexion voie spirituelle
Catégorie : réflexions
Conditionné depuis les origines à l’amour ?
5/8/2009
Je ne crois pas aimer parce qu’une loi morale m’y oblige mais par choix intime comme l’animal nourrissant, protégeant sa famille. La nature porte une «morale» immanente. La fréquence des ruts est une nécessité «morale» pour l’espèce. Le sens de la famille, le courage combatif, la tendresse et le bien au sens de l’équité sont en germe dans la frustration et le câlin animal. Si la société me conditionne, une force naturelle me conditionne déjà. La simple cellule propulsée vers la nourriture extérieure n’est-ce pas déjà le conditionnement, l’alpha de la vie ? Je ne connais pas d’histoire de cellule se nourrissant d’un poison. En cela considérons déjà l’«amour» basé sur des préférences sensées ? S’approprier la vie, la manger c’est forcément l’aimer par sélection de préférences. Choisir le poison serait la «haïr» ? J’ose à peine dire que l’amour humain est cannibal : aimer donne envie de se nourrir physiquement et spirituellement de l’aimé et haïr, de le vomir. L’odorat aide à fixer les émotions et leurs ambivalences. Par lui le bébé sélectionne ses satisfactions avec lui-même et sa mère, premier pas vers l’amour-propre et l’altruisme. La satisfaction n’est pas liée à la qualité de l’odeur (agréable ou nauséabonde) mais à ce qu’elle représente. L’odorat n’étant qu’un organe évolutif affiné, capteur de molécules messages. Nous baignons à la conception dans un bain chimique conditionnant nos récepteurs façon représentations, base d’imaginaires et d’un langage. L’animal marque son territoire d’une odeur, message menaçant pour les mâles, attrayant pour les femelles. Dès la naissance les instincts, les organes récepteurs préprogrammés (langue, peau..) guident la survie : ils “savent” le sain, le danger.
L’empathie naturelle ordonne la vie. Les grands singes, les éléphants se soucient d’autrui, témoin leur langage comportemental dans le plaisir comme dans la peine donc une relative connaissance de soi, de l’autre. En vital besoin de taquinerie, de chamaillerie, de défi, l’amitié, l’identité se construisent. Un sens s’invente. Savoir qui l’on est voilà une nécessité biogénétique. Si la prédation semble l’instrument de la loi du plus fort, l’humanité a un autre mode de transformation, le don de soi en l’acceptation sublimée. Un jour tu prends, l’autre tu te donnes, un jour prédateur et l’autre proie, c’est la Loi. Pour aimer ce jeu il faut aimer défier et s’abandonner, la Foi en une maternelle Providence mais non naïve. Sinon comment comprendre le Tout ? Or se nourrissant de poisons, le mensonge, l’ignorance, l’aveuglement, les victimes ne sont pas que proies ni les bourreaux que prédateurs. Choisissant le poison la vie sanctionne du malheur.De cueilleur-chasseur l’homme domestiqua l’agriculture, l’animal, l’eau, le feu, l’art, l’urbanisation, l’éducation, les énergies, les techniques... Le plaisir prédateur est à l’origine de la vie, de satisfactions et insatisfactions, de désirs et de peurs, de prévisions instinctives et imaginatives, de choix évolutifs. Satisfaction de prédateur à aimer se nourrir, améliorer ses tactiques de chasse, risquer se tromper, se blesser, s’affaiblir. Satisfaction de proie à aimer être désiré ou soumis, à ruser pour renverser la situation, peurs mortelles à se risquer. Même le lion sait que prudence vaut mieux que vaillance, qu’un discernement s’apprend contre l’adversité. Attirance-répugnance, amour-peur semblent liés en dualité vitale. La souris sait le jeu du chat : si l’enfant savait celui du pédophile, du violeur, si l’être humain savait le jeu de l’abuseur et parfois celui que l’abusé peut aimer être, le mal ne serait pas le mal mais seulement la Loi de la Vie. Nous préférons l’appeler mal parce que nous refusons quelque chose. Et si le défi essentiel du suprême prédateur était d’être la suprême proie, sans condition ? Qui est l’homme, quel est son vrai Pouvoir ?  jp
Tags : poison amour loi bourreau victime
Catégorie : réflexions
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