Pour faire le mal il faut se commettre avec lui, cohabiter avec ressentiment et fausses croyances. À vouloir l’idéal de l’amour, celui du Cœur, l’erreur est possible, pas le mal. Le Mystère oblige l’homme à s’égarer pour apprendre à se pardonner, à se dépasser. S’éprendre de la Vie en soi-même ne laisse ni temps ni espace aux fausses interprêtations. Le mental (l’ogre) n’émotionne plus autant, l’Esprit se hissant aux plus haut niveau contemple la vie, exulte de lui-même avec justesse. L’ogre mental est l’amour-propre né d’excessifs désirs oscillant en mouvement alternatif d’émotion et de projection. Le premier envers soi en satisfaction imaginative, suffisance triomphante autoadmirative puis en insatisfaction dans la réalité, suffisance déçue et excès de culpabilité. La projection répercute la mal-être sur autrui hostilement ou sentimentalement. L’émotion par nature en constante décharge, son courant alternatif désoriente, crispe, angoisse, installe le faux et le ressentiment, focalise et conditionne le corps à des surtensions inassouvies quand il attend l’apaisement en des tensions justement satisfaites.
Tout ce mal d’âme n’a qu’une issue : comprendre la morbidité d’une quête de l’excès des désirs ; en accepter l’erreur ; la convertir en réajustant le désir et sa satisfaction dans la seule solution du sens de soi et d’une vraie joie de vivre. Ce qui ramène au seul désir du sens de l’homme dans la Vie. Pour satisfaire l’idéal faut-il le définir. Ce désir essentiel est de règner authentiquement dans ce monde. Et pour cela satisfaire les qualités véridiques donc universelles, à savoir celles qui expriment le beau, le bon, le bien, du minéral à l’humain. Diviniser plutôt que diviser. Il est noble et joyeux d’apprendre à devenir divin, en toute humilité, à exprimer le divin dans son corps de misères. Dès lors le monde peut ne pas me trouver beau, bon et bien, qu’importe, si je suis cela au regard de l’Infinité qui m’habite. Je n’ai plus que faire de mes excès de culpabilités, de mes fausses croyances et ressentiments. Ma pensée éprise de l’Esprit n’est plus sous l’emprise de l’ogre mental obsédant mon miroir. C’est aussi chasser ses fantômes.
Faute de parole ou trop de parlotte les malheurs surgissent. Qui n’a éprouvé la difficulté à dire “je t’aime” avec authenticité ! La parlotte est plus facile que le parler vrai. Le jacasseur séduit en saoulant, disperse en distrayant : accaparer la parole pour ne rien dire d’essentiel est ce bruit convivial où se posent parfois de vrais problèmes qui n’attendent surtout pas la réponse approfondie, élucidée mais la réponse superficielle, l’avis ou la solution de convenance. Nous discourons en nous jouant de la vérité façon pirouette ou sans savoir (son ignorance) ni considération pour le savoir ou le professionnel. Le droit d’expression n’est pas réduit par l’humilité mais par la consternante sottise. D’où l’incroyable décousu des discussions chacun son jugement sur mesure : croyances, préjugés satisfont mais imaginativement.
L’homme a-t-il acquis la parole pour la fourberie, pour la poudre au yeux : il s’en sert comme la pieuvre se sert de l’encre pour aveugler ou l’épouillage chez les singes pour apaiser l’instant ? Le débat polémique si courant est aussi faux que nos débats intimes. Des positions idéologiquement opposées ne le sont que par orgueil à convaincre d’une vérité. La pensée affective exalte les idées, les croyances. Le faux débat fracasse, déforme en mensonge et mauvaise foi. À dénoncer ou dénigrer elle ne cherche pas la vérité. Il n’est pas de conduite éthique garantie, chacun doit la chercher au plus secret de lui-même en l’authentique langage. D’ajuster au mieux le mot à la pensée, d’approcher la justesse c’est l’art de se chercher avec l’exigence de l’œuvre. Mais, qui veut voir le mal ne verra pas le bien placé sous son nez.
Alors certes vous avez mal de votre toxicomanie, de votre impatience, d’injustice, de honte, ces vagues bleus d’âme si tenaces ; et vous voulez que je vous en guérisse vite, miraculeusement, sans comprendre la signification de tout cela. Vous sentez bien qu’une force travaille, invisible mais que voulez-vous en connaître ? La nier ou l’idéaliser, voilà l’enfer.
“Alors c’est pas gagné” dites-vous ! Non, l’efficacité soignante n’est possible qu’avec la justesse de cette énergie. Suffit-il de le dire ? Non, l’efficacité (l’apaisement) n’est possible qu’en prouvant l’accord, le consentement au sens. S’y opposer, pratiquer la duperie c’est insensément s’enliser davantage dans le mal qu’enfin vous reconnaissez. Y êtes-vous ? Presque. Vous sentez par vous même la Morale de l’Histoire, sacrée, la Loi si différente des lois qu’on vous chanta pour vous asservir. Alors peut-être commencez-vous à comprendre et à accepter ce que la force (la Vie) demande ? Peut-être sentez-vous l’amour du vrai, l’estime de soi qui désire s’y inclure, cette force créatrice si merveilleuse de justesse, sans division, sans problème ni solution, “personnifiée en Dieu” ? Êtes vous prêt à enfin “gérer” les excès de faux plaisirs, de fausses motivations, de prétextes ?
Alors choisissez-vous un tranquillisant ou choisissez-vous d'apprendre à bien penser, à vivre juste ; endormir des désirs rebelles ou les assagir par ceux qui n’attendent qu’un Oui au bon sens apaisant ? le vrai remède est au Cœur de la sensibilité dans un ténébreux fatras sous des tonnes entassées de désirs futiles et masqués. Refusant ce remède, la Vie nous châtie d’un mental déglingué. jean pierre
À l’instant “sacré” où l’être s’abandonne en l’autre, cédant son intimité sans plus de résistance ; à l’instant “sacré” où deux âmes étonnées s’abandonnent complices à la Vie, à ses folies, vulnérables au Désir essentiel qui appelle à l’intense ; cet instant sacré ressuscite le paradis perdu de l’innocence. Si l’animal n’en fait pas tout un fromage c’est que cela lui est naturel.
Il est vrai que l’émotion reste une grande illusion si l’essentiel n’est pas assuré, la nudité d’âmes, la complicité des Cœurs, cette grandiose vulnérabilité où germe la foi en la Vie. Deux pensées communiant qui ne ferraillent plus. Nombre de remparts rebelles s’ouvrent ou s’abattent d’eux-mêmes. C’est pourquoi le “faire l’amour” même sympathique du bonobo n’est pas l’amour. L’homme s’est exclu du paradis pour un autre plus intense. Il sait intuitivement sa Mystérieuse récompense et la cherche de mille façons insensées. C’est pourquoi la force des euphorisants sur l’appauvrissement d’une pensée en éternelle insatisfaction. La Loi du plus fort doit être respectée pour accéder à l’émerveillement, à l’exultation mais du plus fort contre soi-même. Les remparts à abattre sont ses propres mensonges, ses prisons de haine, de honte, de suffisance à n’être qu’insuffisance vaniteuse. L’instant est sacré si l’être ne mime plus le sentiment motivant, le sacrilège se convertit en l’amour, la joie, la justesse. Il ne se dérobe plus mais prétend à l’amour, à la vérité non plus selon sa loi mais selon la Loi. L’amour trahit notre vulnérabilité, notre nudité, notre néant, réveille une humilité si indésirable que la haine, la honte, l’humiliation désarment l’amour-propre, sauf à aimer inconditionnellement. Comment accepter un si détestable amour qui ne laisse place à la domination, à l’agressivité, à aucun pacte ? L’animal est dans l’inconditionnelle soumission à la vie (à son Désir). Le mensonge seul rend immoral l’amour qui n’est réel qu’en inconditionnelle humilité.
Le feuilleton américain “Docteur House” qui vient de finir sa troisième saison me donne sacrément à réfléchir sur ce que nous sommes. Ce curieux médecin ne donne nulle envie de le cotoyer sauf à y être forcé. Si sa relation est à éviter, ce qu’il est enclin lui-même à faciliter, que valent authentiquement les singeries, les politesses conventionnelles, les sentiments hypocritement moraux du monde qui nous motivent tous ? Derrière nos habitudes bien rondes, lui, dérange, fout le bordel en nos âmes-bien-nées. Il casse nos conformismes, déboule comme un chien dans un jeu de quilles ou l’éléphant en magasin de vaisselles.
Sa boiterie physique symbolise son âme boiteuse, ses intentions pas nettes. Il n’est pas innocent de son état mais préfère “sublimer” sa vie par l’art diagnostic, sa suprême connaissance tel un jeu sans humanité où lui éprouve une morbide jouissance. Son cynisme m’interroge. Il est l’antagonisme parfait du moralisme de notre vécu traditionnel. Mais il ne voit pas, tout génie qu’il est, que sa vie intérieure est aussi délabrée que la vie intérieure conventionnellement “morale”. Il ne voit pas que ses intentions ne sont pas plus pures donc pas moins perverses. Veut-il vraiment se distinguer, lui le toxico ? Son profil mental m’amuse.
TOUT CELA EST-IL SI SÛR, CAR CE CYNISME-LÀ N'EST PAS ORDINAIRE ? House affiche sa souffrance sans coupable justification ni apitoiement accusateur. Physique, elle se devine aussi mentale. Quand tout le monde ment autour de lui, soignés comme soignants, son cynisme n'a d'égal que son décapant humour, dérangeant, posant les vraies questions, celles qu'on fuit. Lui n'est pas dans les banalités, dans les apparences, toujours à l'affut d'une géniale clairvoyance. Il dérange nos vies d'illusions, de fausses compassions, de pseudosainteté qu'on tente d'afficher. Sa Morale à lui est immorale parce que la morale du monde n'est qu'escroquerie. Ce n'est pas son génie intellectuel qui le rend attachant sous son intarissable cynisme, c'est l'intérêt considérable qu'il porte à la Vie, aux vraies questions. Bancal et négligé (Quasimodo moderne) il laisse le monde à ses mesquineries et s'en amuse impitoyablement, même si parfois il reconnait les siennes. Rien d'essentiel ne lui échappe. Sa lucidité s'affûte à chaque instant : de cela seul il semble jouir. Son cynisme est juste, c'est celui de la Vie. Son cynisme donne envie d'être Vrai.
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tout ce qui donne VALEUR à la VIE.
D'un émoi l'autre, c'est là son charme.