Début aout, retour au jardin, délaissé quinze jours. Quelle luxuriance ! Mais que de fleurs fanées. C’est l’heure du jasmin blanc, de la véronique, des lavathères, des anémomes du japon, des fuchias dont le fuschia du Cap un peu particulier, de la symphorine avec ses grappes de minuscules fleurs donnant autant de boules blanches en grappes (régal des oiseaux), des œnothères bien jaunes, des lobélias rouges et bleus sur tige, des astilbes en forme de quenouilles rose-violine... Les arbres se dressent dans leur noble magnificence entourant protecteurs tout ce petit monde de faibles mais élégantes fragrances multicolorées tandis qu’une foison de vivace tapisse généreusement en lit de fraîcheur.
Mi-août, il fait moyennement beau, la campagne bat ses derniers champs de blé avant d’attaquer les maïs. Prunes, pêches, poires, kiwi sont en moyenne abondance cette année et les pommes prennent déjà un bel éclat ; châtaignes, noix et noisettes s’annoncent bien. Les mûres sembleraient de médiocre qualité mais n’attendent déjà que nos mains. La nature veut donner tout le plus savoureux d’elle-même. Quel arbre ne montre son fruit ? les noix, les marrons d’indes, les glands du chêne, les samarres du frêne et des érables... Quel jardin ne cherche à éblouir d’une surabondance de coloris ? rudbekias, hibiscus, roses trémières, et leurs cousines aussi altières les lavathères rivalisent de hauteur, de couleurs, de profusion, de folie des grandeurs. Les hortensias ont perdu leur fraîcheur mais restent agréables sous leurs teintes vieillies. Les roses se sont raréfiées, ôtées les fleurs fanées. Rudbeckia jaune soleil, aster violet, iris et verge d’or (solidago aux épis jaunes) et népétas violines abimés par la chatte qui en apprécie sûrement l’odeur. Je pense en ce moment au laurier-rose qui malheureusement n’habite plus ce jardin. La couleur fait cependant une pause avant les prochains tableaux de septembre. La nature reprend son soufle mais les floraisons vont reprendre spectaculaires. À l’inverses les balcons jaillissent multicolores en des compositions basses ou suspendues de sauge, de géranium, d’impatiens, de bégonnia, de fuschia et d’alysse. La nature est toujours un délice si l’on ouvre bien l’œil. bonété
Enfin elle est arrivée tout là-bas en Indiana. C’est où l’Indiana ? Quelque part aux amériques. Indiana ? Indianapolis. Ah, ça me dit quelque chose. Enfin une première nouvelle, un mot vite bâclé sur internet. La pauvrette, elle est sûrement gênée : l’ordi à trouver, clavier Querty, matériel inconnu, langage et communication encore mystérieux et plus papa-maman. Tout va être complexe quelques semaines. Merci quand même internet. Enfin sa mère se recolore, se décoince, reprend vie : les dernières heures passaient mal, tout en langueur pesante et infinie. Tout va mieux puisqu’elle est arrivée à bon port. Elle, c’est Camille (voir son blog sur le mien à “liens”, notre fille, la seule, la plus désirée, la plus belle du monde Entier.
Les préparatifs ces derniers temps.
Que j’raconte. Sait-on jamais ça peut servir à d’autres étudiants. Le bac en poches elle a aujourd’hui l’esprit libre. Mais les préparatifs furent compliqués. Nous avons choisi WEP, organisme d’aide aux séjours linguistiques de longue durée (un an). Prix avancé : 6000 euros pour une prise en charge globale de l’adolescent 10 mois : lui trouver une école, une famille d’accueil, assurance... D’abord une journée parisienne de tests divers d’évaluation de l’enfant avant acceptation de Wep. Puis 3 à 4 réunions sur l’année à Paris, Tours ou ailleurs pour informations, contacts, rencontres. Les voyages à Paris c’est pas ma tasse de thé. Qu’à cela ne tienne, mon fils militaire chaque fois se libère et GPS au parebrise, piraté sur internet, et, les sauvages atteignent direct le c‹œur de la civilisation. Dossiers gonflés de formulaires à remplir, démarches sur internet pour le visa (sans autre alternative) sur le site d’ambassade américaine. Des attentes téléphoniques avec les administrations, “surperrelaxantes” en vrai surperirritantes. Des règlements par internet sans autre alternative : 100 euro par-ci et des dizaines d’autres par-là même en doublon (avantage du numérique) curieusement non remboursés, numériquement trop compliqué. Autre avantage du surnumérique : sentiment d’être piraté. Rendez-vous pris avec l’ambassade puis une journée parisienne pour le visa (vérification qu’elle n’a pas la tête terroriste). Réception du visa deux jours plus tard au domicile. Il faut vouloir n’est-ce pas ? Indécis, s’abstenir.
Le départ
Vient le jour attendu. Quatre heures de route juqu’à gare du Nord prendre le train de Bruxelles, point de ralliement des étudiants WEP pour l’envol sur New York le lendemain. Sur le quai la présence d’une coordinatrice agréable et zêlée rassure. Elle résout des problèmes de ticket avec pas moins de trois agents de quai, renvoyant chacun le problème au collègue. Camille parait plus détendue que ses parents qui n’ont plus qu’à quitter le quai, le Cœur plus lourd que sa valise. Elle sera rendue à Bruxelles et nous seront encore en région parisienne en route pour le Nord Bretagne. Ah ce temps où on prenait la calèche sans tant de bastringue.
Il y a toujours un prix à payer pour le confort
Sitôt je révise ma ligne téléphonique. J’installe une ligne illimitée sur ma livebox. Ennuis sur ennuis, tout fonctionnait bien (internet, téléphone) et là, la livebox résiste ou fait un caprice. J’ai pas acheté pour 100 euro de postes téléphoniques supplémentaires pour en rester-là. France télécom accepte de m’échanger la livebox. Après les péripéties inouïes d’installation et de paramétrage, tout fonctionne... tralala. Ma fille maintenant tu nous auras (en illimité : maman sourit), parce que si j’ai bien compris tout là-bas en Indiana, ils connaissent pas encore très bien l’ordi. Ils auraient de gros problèmes au pays de Bill Gates et de Jobs. Ah s’ils avaient un Mac !!!! Et pourtant la vie pourrait être si pennarde. Il y a toujours un prix pour le confort. L’impression de toujours courir après le confort.. !?!?
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tout ce qui donne VALEUR à la VIE.
D'un émoi l'autre, c'est là son charme.