Faute de parole ou trop de parlotte les malheurs surgissent. Qui n'a éprouvé la difficulté à dire "je t'aime" avec authenticité ! La parlotte est plus facile que le parler vrai. Le jacasseur séduit en saoulant, disperse en distrayant : accaparer la parole pour ne rien dire d'essentiel est ce bruit convivial où se posent parfois de vrais problèmes qui n'attendent surtout pas la réponse approfondie, élucidée mais la réponse superficielle, l'avis ou la solution de convenance. Nous discourons en nous jouant de la vérité façon pirouette ou sans savoir (son ignorance) ni considération pour le savoir ou le professionnel. Le droit d'expression n'est pas réduit par l'humilité mais par la consternante sottise. D'où l'incroyable décousu des discussions chacun son jugement sur mesure : croyances, préjugés satisfont mais imaginativement.
L'homme a-t-il acquis la parole pour la fourberie, pour la poudre au yeux : il s'en sert comme la pieuvre se sert de l'encre pour aveugler ou l'épouillage chez les singes pour apaiser l'instant ? Le débat polémique si courant est aussi faux que nos débats intimes. Des positions idéologiquement opposées ne le sont que par orgueil à convaincre dune vérité. La pensée affective exalte les idées, les croyances. Le faux débat fracasse, déforme en mensonge et mauvaise foi. À dénoncer ou dénigrer elle ne cherche pas la vérité. Il n'est pas de conduite éthique garantie, chacun doit la chercher au plus secret de lui-même en l'authentique langage. D'ajuster au mieux le mot à la pensée, d'approcher la justesse c'est l'art de se chercher avec l'exigence de l'œuvre. Mais, qui veut voir le mal ne verra pas le bien placé sous son nez.
Alors certes vous avez mal de votre toxicomanie, de votre impatience, d'injustice, de honte, ces vagues bleus d'âme si tenaces ; et vous voulez que je vous en guérisse vite, miraculeusement, sans comprendre la signification de tout cela. Vous sentez bien qu'une force travaille, invisible mais que voulez-vous en connaitre ? La nier ou l'idéaliser, voilà l'enfer.
"Alors cest pas gagné" dites-vous ! Non, l'efficacité soignante n'est possible qu'avec la justesse de cette énergie. Suffit-il de le dire ? Non, l'efficacité (l'apaisement) n'est possible qu'en prouvant l'accord, le consentement au sens. Sy opposer, pratiquer la duperie cest insensément s'enliser davantage dans le mal qu'enfin vous reconnaissez. Y êtes-vous ? Presque. Vous sentez par vous même la Morale de l'Histoire, sacrée, la Loi si différente des lois qu'on vous chanta pour vous asservir. Alors peut-être commencez-vous à comprendre et à accepter ce que la force (la Vie) demande ? Peut-être sentez-vous lamour du vrai, l'estime de soi qui désire sy inclure, cette force créatrice si merveilleuse de justesse, sans division, sans problème ni solution, "personnifiée en Dieu" ? Êtes vous prêt à enfin "gérer" les excès de faux plaisirs, de fausses motivations, de prétextes ?
Alors choisissez-vous un tranquillisant ou choisissez-vous d'apprendre à bien penser, à vivre juste ; endormir des désirs rebelles ou les assagir par ceux qui n'attendent qu'un Oui au bon sens apaisant ? le vrai remède est au Cœur de la sensibilité dans un ténébreux fatras sous des tonnes entassées de désirs futiles et masqués. Refusant ce remède, la Vie nous châtie d'un mental déglingué. jean pierre
À linstant sacré où lêtre sabandonne en lautre, cédant son intimité sans plus de résistance ; à linstant sacré où deux âmes étonnées sabandonnent complices à la Vie, à ses folies, vulnérables au Désir essentiel qui appelle à lintense ; cet instant sacré ressuscite le paradis perdu de linnocence. Si lanimal nen fait pas tout un fromage cest que cela lui est naturel.
Il est vrai que lémotion reste une grande illusion si lessentiel nest pas assuré, la nudité dâmes, la complicité des Curs, cette grandiose vulnérabilité où germe la foi en la Vie. Deux pensées communiant qui ne ferraillent plus. Nombre de remparts rebelles souvrent ou sabattent deux-mêmes. Cest pourquoi le faire lamour même sympathique du bonobo nest pas lamour. Lhomme sest exclu du paradis pour un autre plus intense. Il sait intuitivement sa Mystérieuse récompense et la cherche de mille façons insensées. Cest pourquoi la force des euphorisants sur lappauvrissement dune pensée en éternelle insatisfaction. La Loi du plus fort doit être respectée pour accéder à lémerveillement, à lexultation mais du plus fort contre soi-même. Les remparts à abattre sont ses propres mensonges, ses prisons de haine, de honte, de suffisance à nêtre quinsuffisance vaniteuse. Linstant est sacré si lêtre ne mime plus le sentiment motivant, le sacrilège se convertit en lamour, la joie, la justesse. Il ne se dérobe plus mais prétend à lamour, à la vérité non plus selon sa loi mais selon la Loi. Lamour trahit notre vulnérabilité, notre nudité, notre néant, réveille une humilité si indésirable que la haine, la honte, lhumiliation désarment lamour-propre, sauf à aimer inconditionnellement. Comment accepter un si détestable amour qui ne laisse place à la domination, à lagressivité, à aucun pacte ? Lanimal est dans linconditionnelle soumission à la vie (à son Désir). Le mensonge seul rend immoral lamour qui nest réel quen inconditionnelle humilité.
Le feuilleton américain Docteur House qui vient de finir sa troisième saison me donne sacrément à réfléchir sur ce que nous sommes. Ce curieux médecin ne donne nulle envie de le cotoyer sauf à y être forcé. Si sa relation est à éviter, ce quil est enclin lui-même à faciliter, que valent authentiquement les singeries, les politesses conventionnelles, les sentiments hypocritement moraux du monde qui nous motivent tous ? Derrière nos habitudes bien rondes, lui, dérange, fout le bordel en nos âmes-bien-nées. Il casse nos conformismes, déboule comme un chien dans un jeu de quilles ou léléphant en magasin de vaisselles.
Sa boiterie physique symbolise son âme boiteuse, ses intentions pas nettes. Il nest pas innocent de son état mais préfère sublimer sa vie par lart diagnostic, sa suprême connaissance tel un jeu sans humanité où lui éprouve une morbide jouissance. Son cynisme minterroge. Il est lantagonisme parfait du moralisme de notre vécu traditionnel. Mais il ne voit pas, tout génie quil est, que sa vie intérieure est aussi délabrée que la vie intérieure conventionnellement morale. Il ne voit pas que ses intentions ne sont pas plus pures donc pas moins perverses. Veut-il vraiment se distinguer, lui le toxico ? Son profil mental mamuse.
TOUT CELA EST-IL SI SÛR, CAR CE CYNISME-LÀ N'EST PAS ORDINAIRE ? House affiche sa souffrance sans coupable justification ni apitoiement accusateur. Physique, elle se devine aussi mentale. Quand tout le monde ment autour de lui, soignés comme soignants, son cynisme n'a d'égal que son décapant humour, dérangeant, posant les vraies questions, celles qu'on fuit. Lui n'est pas dans les banalités, dans les apparences, toujours à l'affut d'une géniale clairvoyance. Il dérange nos vies d'illusions, de fausses compassions, de pseudosainteté qu'on tente d'afficher. Sa Morale à lui est immorale parce que la morale du monde n'est qu'escroquerie. Ce n'est pas son génie intellectuel qui le rend attachant sous son intarissable cynisme, c'est l'intérêt considérable qu'il porte à la Vie, aux vraies questions. Bancal et négligé (Quasimodo moderne) il laisse le monde à ses mesquineries et s'en amuse impitoyablement, même si parfois il reconnait les siennes. Rien d'essentiel ne lui échappe. Sa lucidité s'affûte à chaque instant : de cela seul il semble jouir. Son cynisme est juste, c'est celui de la Vie. Son cynisme donne envie d'être Vrai.
Le Docteur House, fiction sur TF1 me fascine. Ce médecin si extraordinaire quon se le voudrait tous est franchement insupportable, proprement imbuvable. Imprévisible ? Non, trop prévisible : si on le rencontre on sait que ça va faire mal. Son humour nest pas noir, lhumour est sain et vitalise même en le noircissant. Cest de lironie qui transperce. Son Cur écorché, immature nen a pas fini avec ses morbidités, ses échecs personnels, sa lamentable existence, sa dépendance de drogué.
Même du fin fond de la couette, lui derrière lécran il est difficile à supporter, trop présent, trop près. Parce quil est une part de nous ce rebelle cynique qui enflamme les rancurs façon pyromane, par jeu, impitoyablement, les soumissions morales de la vie sociale avec lesquelles nous nous compromettons chaque seconde, pitoyablement. Ce qui nous rend attachant ce monstre plus que son incontestable orgueil dêtre lartiste en diagnostic cest curieusement son déchaînement impitoyable. Permis, autorisé, culpabilité sont exclus de sa pensée et de son art. À part çà sous son air malade et pas très net, oui, il est en pleine forme, surtout dès quil sent une cible. jean pierre
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tout ce qui donne VALEUR à la VIE.
D'un émoi l'autre, c'est là son charme.